Carla : Interview

logo4Après vous avoir livré mon avis sur l’Esclave et l’Eveil de l’Ange, deux des trois œuvres d’Eva Delambre, j’ai eu envie de réaliser une interview sur cette auteure mystérieuse et ô combien talentueuse. Je me suis donc lancée et l’ai contactée afin de savoir si elle se prêterait au jeu de mes questions, ce qu’elle a accepté pour ma plus grande joie! Aujourd’hui je vous livre donc ici un peu d’Eva Delambre, auteure et soumise…

Un immense merci à vous, Eva Delambre, d’avoir pris le temps de répondre en détails à mes questions.

PARTIE 1: Eva Delambre, auteure…

Comment l’écriture est apparue dans votre vie ? Est-ce un besoin ?

J’ai toujours voulu écrire, mais je n’y pensais pas vraiment. J’ai commencé un peu par hasard, par curiosité, alors je m’étais lancée le défi de parvenir à écrire une scène un peu sexe. Je n’avais encore aucune idée de là où cela allait me mener. Cette scène est finalement devenue la toute première de Devenir Sienne, les premières pages. Je n’ai pas pu m’arrêter. Depuis, c’est véritablement devenu un besoin dont je ne peux plus me passer.

À quel rythme écrivez-vous ?

C’est très variable. Parfois, je peux écrire des journées entières sans m’arrêter. Et parfois, je n’écris pas pendant des semaines. Quand je suis lancée, je n’arrive plus à m’arrêter, mais quand j’ai décroché j’ai parfois du mal à y revenir, surtout si je sais que je ne vais pas avoir le temps de m’y consacrer pleinement. J’ai beaucoup de mal à écrire sur commande ou à m’imposer un planning de travail.

Pourquoi avoir fait le choix de l’écriture romancée plutôt qu’autobiographique ?

Tout simplement parce que lorsque j’ai commencé, je n’avais rien d’autobiographique à écrire. J’ai écrit Devenir Sienne bien avant qu’il ne soit publié, et à cette période de ma vie, je n’avais rien vécu dans ce domaine. Beaucoup ont du mal à le croire mais je ne connaissais rien à ce monde lorsque je l’ai écrit. J’avais beaucoup de fantasmes par contre ! Depuis, j’écris beaucoup sur ce que je vis auprès de mon Maître, mais je le garde pour nous pour le moment. J’en distille toutefois un peu à travers mes lignes, que ce soit dans L’Esclave ou dans L’Éveil de l’Ange. J’aime l’idée que seulement Lui et moi sachions vraiment ce qui est fiction et ce qui ne l’est pas.

D’un point de vue littéraire, l’évolution dans la construction de vos romans est flagrante. Est-ce l’expérience de l’auteure ou de la soumise qui permet cela selon vous ? Ou des deux ?

On m’a plusieurs fois fait cette remarque. Je ne m’en rends pas vraiment compte car c’est une évolution progressive que je ne cherche pas à contrôler. Très certainement qu’à force d’écrire, le style s’affine et s’améliore. Le fait de décrire des sensations que je connais bien est forcément un plus. Je m’en suis rendue compte en écrivant L’Envol de l’Ange (à paraître cet été je pense), car j’ai abordé des thèmes qui me sont étrangers, et j’ai vu comme il m’était encore difficile d’imaginer certaines situations. Les actes, on peut les décrire assez facilement, même sans les avoir vécus, mais les émotions et les sensations, c’est beaucoup plus complexe. Mon Maître est aussi un guide puissant qui me pousse toujours à exceller, j’attends ses critiques et remarques avec impatience et j’applique aussi très souvent ses conseils. Sans doute que mon épanouissement de soumise me rend meilleure aussi à l’écrit.

Il est malheureusement très dur de trouver de la littérature de qualité qui traite de l’univers BDSM. Alors… Que lit Eva Delambre puisqu’elle connaît déjà ses romans ?

Je ne lis pas de BDSM…( sauf si mon Maître m’impose une lecture). Quand j’ai commencé à écrire, avant la sortie de Fifty Shades, il y avait très peu de romans sur le sujet. C’est pour cela que j’ai commencé, lorsque je parcourais le net à la recherche de textes qui m’exciteraient, je ne trouvais que de l’érotisme classique. J’ai donc décidé d’écrire ce que j’aurai aimé lire. Depuis, beaucoup de livres sont sortis, mais je ne les lis pas. Je ne veux pas être influencée d’une façon ou d’une autre. Je n’en ressens pas l’envie, mais je ne suis pas contre l’idée, si on me parle de quelque chose de vraiment bien.

Plusieurs pratiques ne sont pas abordées dans vos romans, est-ce pour préserver les éventuels lecteurs qui pourraient en être choqués ?

Dans Devenir Sienne j’aborde beaucoup de pratiques, même si bien sûr, toutes n’y sont pas représentées. J’ignorais que je serai publiée, alors je ne m’étais pas vraiment limitée. Depuis, c’est vrai que je fais plus attention. Je suis assez extrême dans ma vision de la soumission et je sais que tout le monde ne le comprend pas. Les gens sont parfois surpris lorsque je dis que je me suis censurée en écrivant L’Esclave.
Pour L’Éveil de l’Ange, c’était véritablement un choix d’être plus soft. Je voulais que ce soit un livre qui puisse être lu par des personnes qui sont étrangères à ce monde, mais curieuses. Il n’y a pas vraiment de SM. J’ai voulu garder une régularité dans les pratiques de Tristan, plutôt qu’une surenchère de techniques. Dans le second tome aussi, j’ai voulu mettre davantage l’accent sur l’état d’esprit et le cheminement de Solange que sur les actes.
De façon générale, je parle plus facilement de ce que je connais et de ce que je vis. Mais c’est également un plaisir pour moi que d’imaginer certaines situations. J’aime aussi vivre les choses après les avoir imaginées et écrites, c’est très particulier. Il y a aussi des choses que j’écris que je ne souhaite pas du tout vivre.

Peut-on rencontrer Eva Delambre pour une dédicace ? Où se tenir informer de ces apparitions face à son public ?

Oui bien sûr. Je serai sans doute au Salon du livre de Paris en mars. Tout est indiqué sur ma page facebook.

Partie 2: Eva Delambre, soumise…

Quand avez-vous su que vous étiez soumise dans l’âme, que vous ne souhaitiez pas jouer ce rôle mais l’assumer comme étant votre nature profonde ?

J’ai compris que j’étais soumise en écrivant Devenir Sienne et que c’était vraiment ce que je voulais vivre. Mais j’ai vraiment compris que c’était profondément en moi et ce que ça représentait réellement lorsque j’ai rencontré mon Maître pour la première fois. Ce fut comme une évidence. Par contre je n’ai jamais vu ça comme un jeu ou un rôle.

Avez-vous des conseils à adresser aux jeunes femmes qui se découvrent soumise ?

Je leurs conseillerai de prendre leur temps pour savoir ce qu’elles veulent vraiment, et surtout pour trouver celui qui les accompagnera dans cette voie. Il y a malheureusement beaucoup de profiteurs et de manipulateurs qui abusent de la situation et parfois, les conséquences sont dramatiques. C’est aussi l’un des messages que j’essaye de faire passer dans L’Éveil de l’Ange.

Une question qui fait couler beaucoup d’encre sur la toile : quelle est pour vous la différence entre soumise et esclave ?

Chacun à sa propre définition je crois, la mienne m’est personnelle et n’engage que moi. Je parle d’une soumise quand elle ne vit pas en permanence avec son Maître, mais qu’il s’agit de séances, comme dans L’Éveil de l’Ange. Et je parle d’esclave lorsque celle-ci vit H24 sa condition avec son Maître. Mais c’est surtout un état d’esprit. Certaines soumises voudraient se donner bien plus qu’elles ne le peuvent. Ce n’est pas toujours un choix, et ce n’est en rien une question de qualité ou d’investissement. Une esclave n’est pas « meilleure soumise » qu’une soumise. Lorsqu’une soumise ne peut pas, matériellement, se donner pleinement alors qu’elle le voudrait, je parle d’esclave dans l’âme.

Un petit jeu pour vous connaître un peu plus ?

Eva est…

Timide ou extravertie ? Plutôt réservée
Organisée ou désordonnée ? Désorganisée…
Du soir ou du matin ? Du soir
Sucré ou salé ? Gourmande : les deux
Sportive ou sédentaire ? Sportive, juste ce qu’il faut, mais pas trop !
Pessimiste ou optimiste ? Optimiste, à ma façon

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